Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection organisé : de Tchernobyl à Fukushima – IndependentWHO

Affiche sur l'accord entre OMS et AIEA
 

Les autorités internationales intervenant après un accident nucléaire sont elles impartiales?

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011, comme après chaque accident grave impliquant les dangers de la radioactivité, les regards des populations se sont tournés vers les institutions internationales, attendant avec anxiété leur verdict. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont allés à Fukushima pour faire des mesures et prendre le pouls de la situation. Leur rapport se veut rassurant et spécifie que la contamination ne s’est pas répendue au-delà de quelques hot-spots. Ces déclarations semblent être minimes comparées à l’analyse et recommandations de nombreux scientifiques indépendants. La CRIIRAD, a elle aussi évalué des risques bien plus importants que ceux de l’OMS.

Pourquoi tant d’écarts dans les données des rapports ?
 

L’OMS sous l’autorité de l’AIEA

Une mise sous tutelle de l’OMS datant du 28 mai 1959

Les comptes rendus de l’OMS sont dénoncés comme étant insatisfaisants par de nombreuses ONG et associations citoyennes internationales, depuis l’accident de Tchernobyl : il leur est reproché de minimiser les réels impacts sur la santé dus aux radiations.
Ces faits rappellent que le but premier de l’AIEA n’a jamais consisté à protéger les personnes contre les dangers du nucléaire, mais de promouvoir, accélérer et augmenter la contribution de l’énergie atomique à la paix et à la prospérité dans le monde. Autrement dit, d’aider à propager le nucléaire (commercialisations des centrales) en dépit de ses dangers.
Quant à l’OMS, elle ne peut en aucun cas critiquer objectivement les conséquences du nucléaire puisqu’elle a signé un accord de coopération mutuelle avec l’AIEA en 1959 (WHA 12-40), qui stipule qu’aucune de ces deux agences de l’ONU ne peut prendre de position publique qui puisse nuire aux intérêts de l’autre. Depuis, l’OMS a pieds et mains liés concernant toutes les questions en matière de rayonnements ionisants et de radioprotection.
Pourtant, l’OMS devrait, conformément à la Constitution, être indépendante de tout intérêt commercial. Elle devrait pouvoir défendre les droits et la santé des citoyens du monde et faire un réel travail de prévention et de radioprotection pour le bien commun sur le plan sanitaire.
Par conséquent, ce lien contre nature entre ceux qui ont le devoir de veiller sur notre santé et ceux qui contribuent à propager une énergie dont l’exploitation a un danger sanitaire important est biaisé, puisqu’il est entaché par des conflits d’intérêts. Ces faits sont  dénoncé depuis longtemps. Mais jusqu’à présent, rien n’a permis de remettre en cause ce traité d’entente mutuelle.

Depuis des citoyens indignés se mobilisent chaque jour depuis 2007, en participant à une vigie d’hippocrate devant le siège de l’OMS pour réclamer son indépendance.

 

 

Les 12 et 13 mai 2012 à Genève s’est tenu le premier Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection organisé par IndependentWHO

Le forum scientifique et citoyen sur la radioprotection a été organisé par le collectif IndependentWHO, lequel milite pour l’indépendance de l’OMS vis-à-vis de l’AIEA depuis les mensonges et la désinformation qui ont minimisés les conséquences sanitaire à l’échelle humaine, environnementale de la catastrophe de Tchernobyl.

 


 

Kibô promesse soutient les actions d’IndependentWHO et son combat pour l’indépendance de l’OMS.

Nous mettons donc en ligne le compte rendu et les enregistrements tels qu’ils ont été récoltés et rédigés par le collectif IndependantWHO, pour le Forum scientifique et citoyen sur la radioprotection qui a eu lieu à Genève le 12 et 13 mai 2012.
 

Conferenciers lors du forum de la radioprotection
 

Compte rendu du Forum sur la Radioprotection: de Tchernobyl à Fukushima

Ci-dessous, texte rédigé par IndependentWHO :

 

« Le Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection : de Tchernobyl à Fukushima » organisé par le Collectif « IndependentWHO - pour l’indépendance de l’Organisation Mondiale de la Santé » (OMS), s’est tenu à Genève les samedi 12 et dimanche 13 mai.

Les Vigies d’Hippocrate de ce collectif manifestent chaque jour ouvrable depuis plus de cinq ans devant le siège de l’OMS pour dénoncer le fait que l’organisation ne remplit pas sa mission de protection des populations victimes des irradiations et des contaminations engendrées, plus particulièrement, par les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima. Voici les résumés des exposés:
 

1. Introduction du Forum : Paul Roullaud(France) co-fondateur et représentant du collectif IndependentWHO.
Résumé : Pourquoi ce forum scientifique et citoyen.
 
2. Roland Desbordes (France) président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité).
Résumé : Prise en charge citoyenne de l’information (Enregistrement de l’exposé)
 
3. Paul Lannoye (Belgique) député européen honoraire (1989-2004), membre de la Commission santé, environnement et protection des consommateurs.
Résumé : Pourquoi les risques de l’exposition à la radioactivité ont-ils toujours été sous-estimés ? (Enregistrement de l’exposé)

(Remarque sur cet exposé: Le rôle de Chris Busby dans la mise en évidence des dangers des faibles doses est très exagéré par Paul Lannoye, l’impact des faibles doses était largement prouvé par certains chercheurs « dissidents » bien avant la fondation du CERI. Le nombre de mort dont le nucléaire est responsable n’est pas de plusieurs centaines de millions (probablement une erreur à l’oral lors de l’exposé), il y a eu d’après le CERI 61,6 millions de morts par cancers depuis 1945, contre 1,1 million selon les sources officielles, et le nombre de cancers est pour sa part évalué à 123,2 millions contre 2,3 officiellement, le CERI estime en outre que les radiations ont induit une importante mortalité infantile et foetale (3,4 millions).)
 
4. Alexei Yablokov (Russie) Docteur ès Sciences biologiques, conseiller de l’Académie des Sciences de Russie, co-auteur de Chernobyl – Consequences of the Catastrophe for People and the Environment éd. New York Academy of Sciences, voir le résumé du livre en français. En résumé : Diversité des conséquences biomédicales de la catastrophe deTchernobyl (Enregistrement de l’exposé)
 
5. Eisuke Matsui (Japon) spécialiste en pathologie respiratoire faibles doses, Directeur Institut médical de l’environnement Gifu.
Résumé : Actions de citoyens et de scientifiques japonais concernés par l’exposition aux faibles doses de rayonnement ionisant interne au Japon (Enregistrement de l’exposé)
 
6. Galina Bandajevskaia (Belarus) pédiatre, cardiologue.
Résumé : État de santé des enfants du Bélarus après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. (Enregistrement de l’exposé)
 
7. Alexei Nesterenko (Belarus) Directeur de l’Institut Belrad – soins des enfants contaminés par les rayonnements ionisants, co-auteur de Chernobyl – Consequences of the Catastrophe for People and the Environment éd. New York Academy of Sciences. Résumé : Le concept de la radioprotection des habitants au niveau local. Atlas radio-écologique. L’homme et la radioactivité. (Enregistrement de l’exposé)
 
8. Vladimir Babenko (Belarus) Directeur adjoint de l’Institut Belrad.
Résumé : De Tchernobyl à Fukushima… Guide pratique de radioprotection. (Enregistrement de l’exposé)
 
9. Sophie Fauconnier (France) médecin auteure d’études sur l’impact sanitaire de l’accident de Tchernobyl en Corse.
Résumé : Impact sanitaire de l’accident de Tchernobyl en Corse : une étude épidémiologique indépendante enfin mise en place. Et texte complet.(Enregistrement de l’exposé)
 
(Pour en savoir plus sur le sujet, il est conseillé de lire : « Après Tchernobyl : Observations médicales en Haute-Corse » de Denis Fauconnier, « Tchernobyl : les doses en France étaient corsées !« , « L’inquiétude grandit en Corse« , « Mensonges d’Etat sur le nuage de Tchernobyl en France« )
 
10. Paul Jobin (France) Directeur du CEFC Taipei (Centre de recherche sur la Chine contemporaine, Antenne de Taipei), Maître de conférences à l’Université Paris Diderot. Résumé : Fukushima : « radio-gestion » et dissidence épidémiologique dans l’establishment nucléaire (Enregistrement de l’exposé)
 
11. Kolin Kobayashi (Japon) journaliste, correspondant à Paris ‘Days Japan’. Résumé : Le nucléaire au Japon, de Hiroshima à Fukushima, et le mouvement antinucléaire (Enregistrement de l’exposé)

(Remarque : Il y a quelques oublis dans l’exposé de Kolin Kobayashi. Si la contamination par les retombées du bateau Fukuryu Maru marque le début du mouvement antinucléaire au Japon, il ne faut pas oublier que les Ibakusha furent ostracisés, traités comme des pestiférés pendant presque 9 ans et que le démarrage de ce mouvement anti-bombe américaine est aussi marqué par la volonté de ne plus être occupé par l’armée américaine sur le sol japonais. Un autre oubli, les personnalités qui ont eu un rôle de première importance dans le développement du nucléaire au Japon ne sont pas que des conservateurs à la solde de la CIA, ils sont surtout des anciens criminels de guerre qui feront de très belles carrières et qui finiront leurs vie, honorés et tranquilles, dans un pays qui, victime des deux bombes A, demeure légèrement amnésique sur les crimes de l’impérialisme japonais en Chine et pendant la 2èmeguerre mondiale.)
 
12. Youri Bandazhevsky (Belarus) Anatomopathologiste, Président du Centre d’Analyse et de Coordination « Ecologie et Santé ».
Résumé : Du syndrome d’incorporation chronique des radionucléides à période longue (SLIR) à la construction de programmes et politiques de radioprotection des populations : un exemple de modèle intégré. (Enregistrement de l’exposé)

(A lire pour en savoir plus : Youri Bandazhevsky, l’ex-prisonnier « politique » de Tchernobyl, auteur de « La philosophie de ma vie » – Journal de prison.)
 
13. Aya Marumori et Wataru Iwata (Japon) du laboratoire indépendant japonais CRMS.
Résumé : Initiatives et actions indépendantes après Fukushima. (Aya Marumori – Enregistrement de l’exposé) (Wataru Iwata – Enregistrement de l’exposé)

(A lire : « Ce que je pense en tant que mère » et « A ceux qui vivent à Fukushima, à ceux qui se sont réfugiés ailleurs et à tous les enfants du monde« , extrait du bulletin n°1 du CRMS.)
 
14. Michèle Rivasi (France) députée européenne Europe Ecologie-Les Verts, fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD). Résumé : Que fait l’Europe en matière de radioprotection ? (Enregistrement de l’exposé)
 
15. Miwa Chiwaki (Japon) association des mères de Fukushima.
Résumé : Notre lutte pour la survie continue (Enregistrement de l’exposé)
 
16. Chris Busby (Royaume-Unie) chimiste et physicien spécialisé dans les très faibles doses de rayonnements ionisants.
Résumé : Epidémiologie citoyenne du cancer dans les petites localités (Enregistrement de l’exposé)
 
17. Michel Fernex (Suisse) professeur émérite de la Faculté de Médecine de Bâle, ancien consultant de l’OMS.
Résumé : Le temps perdu à Fukushima. (Enregistrement de l’exposé)

(A lire : « La catastrophe de Tchernobyl et la santé« , « Tchernobyl 20 ans plus tard : Les problèmes de santé s’aggravent« , « A propos des congrès officiels (OMS, AIEA…) sur Tchernobyl« , « Les mutations dans la région de Tchernobyl » de Solange Fernex)

Conclusion de la journée (Enregistrement de la conclusion)
 
C’est un programme très dense d’exposés qu’ont entendu les plus de 200 personnes présentes à ce Forum. Ils ont surtout porté sur les conséquences sanitaires des irradiations externes et des contaminations radioactives internes, engendrées par l’explosion des réacteurs japonais et ukrainien mais aussi par les bombardements aux armes à uranium appauvri effectués au Kosovo et en Irak et par la campagne d’essais nucléaires (plus de 500 bombes atomiques tirées en atmosphères). Il a été souligné, par tous les intervenants, que les normes de radioprotection actuelles, établies à partir des conséquences d’Hiroshima et de Nagasaki, n’étaient pas adaptées aux conséquences sanitaires des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima. Ces normes, manipulées par les gouvernants en cas d’accident radiologique et toujours au détriment de la santé des populations, sont à réviser.

Les intervenants japonais, aux prises avec la désinformation de leur gouvernement et à son inaction pour protéger les populations – plus particulièrement les enfants – sont venus chercher des réponses à leurs questions angoissées auprès de leurs homologues de Tchernobyl. Ces derniers, malheureusement, depuis 26 ans, doivent faire face à une situation sanitaire qui continue de s’aggraver, dans les zones contaminées, chez les moins de 18 ans.

Face à l’abandon des autorités – exploitants de centrales nucléaires, États, institutions internationales (dont l’OMS) - les populations touchées par Tchernobyl et Fukushima doivent se prendre en charge et s’organiser pour mettre en place des pratiques de radioprotection adaptées à la situation. V. Babenko a fait une présentation de son manuel de radioprotection « Après l’Accident Atomique » édité en russe, en japonais et aussi tout récemment en français.

Le dimanche 13 mai, les intervenants du samedi se sont retrouvés avec des élus, des représentants d’associations, des citoyens et des membres du Collectif IndependentWHO pour réfléchir à partir de la question « Que pouvons-nous faire ensemble pour que la vérité sur les conséquences sanitaires des irradiations externes et des contaminations radioactives internes, engendrées par l’industrie nucléaire civile et militaire, soit établie et reconnue ?

Autour de deux objectifs principaux – que l’OMS remplisse son mandat constitutionnel en matière de rayonnement et santé et que la science indépendante soit la référence en matière de radioprotection des populations – les participants ont proposé les actions suivantes :
-Réviser l’Accord OMS-AIEA
-Dénoncer le modèle actuel de normes de radioprotection de la CIPR et son application par les Etats. Proposer une autre approche prenant en compte la réalité.
-Recourir à la voie juridique pour obliger les responsables à dédommager les victimes.
-Poser le problème en termes de Droits humains.
-Mettre en place un réseau international pour diffuser des connaissances fiables.
-Reconduire un cycle de Forum scientifique et citoyen sur les conséquences sanitaires de l’activité de l’industrie nucléaire civile et militaire.

En clôture du Forum, le professeur Matsui a appelé la communauté internationale à faire pression sur les autorités japonaises pour qu’elles assurent la protection des enfants de Fukushima et procèdent à leur évacuation hors des zones contaminées.

Les responsables du Collectif IndependentWHO remercient tout particulièrement la Ville de Genève et les nombreux autres donateurs qui par leurs soutiens financiers, logistiques et politiques ont permis la réalisation de ce forum.

Manifestation des membres de IndependantWHO

 

 

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