La centrale de Fukushima : l’interminable cauchemar

Décembre 2011 : Les mensonges de l’arrêt à froid

centrale de fukushima en vue aérienne
 

Fukushima: la mascarade des politiques au sujet de l’arrêt à froid

TEPCO à communiqué en décembre 2011 sur l’arrêt à froid des réacteurs, le premier ministre M. Noda à lui aussi parlé de la fin de l’accident nucléaire par le biais de l’arrêt à froid des réacteurs.

La première mesure du gouvernement japonais à l’annonce de cette nouvelle a été de mettre fin aux conférences de presse tandis que les États-Unis félicitaient et proposaient leur aide.

Nous savons aujourd’hui que l’arrêt à froid est largement contesté par de nombreux experts. Même Tepco a admis qu’ils n’étaient pas capables de mesurer la température à l’intérieur des réacteurs alors qu’un arrêt à froid doit normalement permettre de faire des opérations de maintenance.

Le Deutsche Welle contestait, le 16 décembre dernier, l’arrêt à froid. Un des journalistes, Alexander Freund, avait cette formule : « Les lobbyistes de l’énergie nucléaire cherchent à récupérer leur crédit afin de stabiliser leur propre situation et garder le gouvernement sous contrôle ».

Avec les rebondissements de janvier 2012, la centrale de Fukushima n’a pas fini de faire parler d’elle.
 

Janvier 2012 : Recrudescence des problèmes à la centrale

Les images endoscopiques du réacteur N°2

Si les réacteurs N°1, 2 et 3 de Fukushima ont subi un meltdown, seul le réacteur N°2 a fait l’objet d’une tentative d’observation du combustible fondu, le 19 janvier dernier, par le biais d’un forage et de l’introduction d’un endoscope résistant à la radioactivité.

 

 

Les images sont difficilement exploitables : Les gouttes d’eau formant des stries blanches sur la photo tandis que les rayons gamma viennent brouiller l’image. L’impact sur la caméra se traduit par des pixels colorés.
La couleur orange serait en fait la paroi de la cuve en alliage inoxydable. On voit ici que l’action combinée de l’eau de mer et des radiations provoque une corrosion rapide des matériaux constituant le réacteur.

Le niveau d’eau n’a pu être observé (estimé entre 2,8 et 4 mètres au lieu de 5 attendus), ce qui signifie clairement que l’enceinte n’est pas étanche puisque 10 m3/h d’eau sont injectés dans l’enceinte. L’opération a en tout cas dégagé une masse importante de vapeur, ce qui contredit l’idée d’un « arrêt à froid » décrété par le gouvernement japonais en décembre 2011.

Les températures du réacteur N°2 reste actuellement élevée, et celles-ci varient actuellement avec un minimum de 30° et un pic à 300°à l’intérieur de la cuve. Il semblerait que la température soit actuellement en baisse, au fur et à mesure des heures passées. Il est possible de vérifier les données de température  sur le site de Tepco.  Les données sont notées heure après heure.

Cependant, les données des températures uploadée sur le site de Tepco sont-elles vraiment fiables? Car le thermomètre (ou appareil spécifique de mesure de la température) ne fonctionne apparemment pas convenablement pour le réacteur 2.

D’après le professeur Koide Hiroaki qui s’est exprimé via l’émission de radio japonaise MBS, ce serait « un cable alimentant l’appareil qui serait endommagé » . Ce dernier affirme aussi qu’ « aucun robot ne peut actuellement se rendre dans la cuve pour vérifier l’état du réacteur, ni la température. Il est impossible de savoir où se trouve le corium. »

Le professeur Koide observe de même que la présence de xenon retrouvé ces derniers temps dans l’enceinte de confinement du réacteur signifie simplement que les réactions en chaîne provoquées la fission du combustible d’uranium est toujours en cours « quelque part » dans les sous-bassements.

D’après ses explications, il n’y aurait pas de danger d’explosions ou de dangers spectaculaires: il s’agit d’un état qui ressemblerait à celui d’un corium toujours en ébullition et qui serait entrain de produire des rejets de radio-éléments. Evidemment, il faut absolument tout faire pour éviter que ces réactions en chaîne continuent de se faire. 
 

Réacteur N°3 : Trois fois plus de dégagement de Césium

Le réacteur N°3 a dégagé le 6 janvier 3 fois plus de radioactivité que la moyenne relevée les jours précédents. Cette brusque remontée de radioactivité est peut-être le résultat des séismes multiples qui ont frappé Fukushima et ses environs à la même date. Il y eut celui du 5 janvier ainsi que le séisme du nouvel an. Ce dernier avait déjà produit une augmentation des retombées sur Chiba quelques jours plus tôt.

Depuis le tsunami du 11 mars 2011 qui a ravagé le Tôhoku, le risque sismique à la centrale nucléaire de Fukushima  a augmenté , selon la société savante Union européenne des géosciences (EGU). Ce qui rend la situation d’autant plus inquiétante et anxiogène pour les japonais ainsi que pour tous les observateurs et experts du monde entier.

 

La piscine de désactivation du réacteur N°4

fukushima bâtiment du réacteur 4

 

A l’arrêt lors du séisme du 11 mars dernier, la situation dans laquelle se trouve actuellement le réacteur N°4 est particulièrement dangereuse :  le bâtiment dans lequel est encastrée la piscine de désactivation est gravement endommagé, à la limite de l’effondrement. Des travaux semblent être en cours pour renforcer l’architecture du bâtiments. La piscine de désactivation permet normalement de refroidir les barres de combustibles usagées et de stopper le rayonnement gamma de celles-ci, à la condition que le niveau d’eau soit maximum.

TEPCO a communiqué à 6h14 le 15 mars 2011 que le bâtiment du réacteur 4 était endommagé. le 16 mars, un communiqué de John Boska a indiqué « le mur de la piscine de combustible usagé numéro 4 est tombés et il n’y avait plus d’eau à l’intérieur. Il y a un grand nombre d’assemblages de combustible nucléaire à l’intérieur et ils ne resteront pas intact très longtemps ».

Une vidéo récente montre que l’eau a subsisté dans cette piscine, à moins qu’elle n’ait été réalimentée entre temps.

Le professeur et expert en physique nucléaire Koide Hiroaki a précisé (toujours au cours de l’émission de radio japonaise MBS) qu’il était « capital de faire en sorte que jamais le combustible ne puisse sortir de l’eau car cela signifierai un début de fusion qui aurait des conséquences dramatiques «  
 

En quoi est-ce dangereux ?

Les barres de combustibles usagées doivent impérativement être refroidies sous peine de fondre sous l’accroissement de la température due aux réactions nucléaires. L’eau a aussi la faculté de bloquer efficacement les rayonnements gamma pour peu que l’épaisseur traversée soit suffisante. Le 1er janvier dernier, un séisme de magnitude 7 a provoqué une dégradation de la piscine dont l’eau s’est mise à disparaître 5 fois plus rapidement que la normale.

Si les barres de combustibles ne sont plus refroidies, il y a un risque qu’elle fondent et libèrent ainsi de grandes quantités de plutonium. On estime qu’il y aurait potentiellement 229 tonnes de combustible présent dans la piscine du réacteur 4, soit 3 fois plus de combustible que dans une piscine habituelle.

 

Schéma sur les rayons gamma

 

La chute de cette piscine de stockage fortement endommagée (si un accident avait lieu) provoquerait une contamination sans précédent du site, au point qu’il ne serait plus possible d’y effectuer des travaux. Le gouvernement japonais a d’ailleurs envisagé dans le pire des cas une évacuation à 250km incluant Tokyo.

Une catastrophe comme celle-ci nous toucherait également dans une mesure non quantifiable puisque tout l’hémisphère nord serait alors contaminé par voie éolienne.

Le professeur et expert nucléaire Hiroaki Koide en parle lui aussi lors d’une émission de radio japonaise et d’une interview concernant l’état du bâtiment du réacteur n°4 : il dit « il serait nécessaire dans le cas du pire scénario d’évacuer certainement au moins 250 km, si ce n’est plus. » 
 

Séismes de janvier : Des explosions souterraines ?

De plus, il y a un risque non négligeable de criticité, c’est à dire de déclencher une réaction en chaîne de fission incontrôlée et ainsi provoquer une explosion nucléaire accidentelle. Ce risque a été envisagé par certains experts dont Arnie Gundersen, ingénieur nucléaire en chef et consultant de Fairewinds Associates , concernant l’explosion du réacteur 3.

 

 

A ce sujet, il existe certains détails troublants sur les séismes du mois de janvier : Des observateurs auraient décrit ces séismes : « Ce ne sont pas des séismes normaux mais de courtes secousses, comme si quelque chose explosait en sous-sol. Je n’ai jamais connu cela en 40 ans, et ça arrive tous les jours ».
 

Les liquidateurs continuent de prendre des doses massives de radiations…

liquidateur fukushima en combinaison
Photo: ssoosay Flickr Photostream Creative Commons 2.0
 

Les victimes des radiations meurent en silence

Le 9 janvier dernier, un travailleur sur la centrale a fait un malaise et a été hospitalisé. Le 17 janvier, un ouvrier travaillant à la décontamination de la ville d’Hirono-machi s’est écroulé durant son travail. Il est décédé à l’hôpital. C’est officiellement le quatrième travailleur mort sur les chantiers de décontamination.

Nous entendons par « officiel », ce qui est admis  reconnu par tepco, mais qu’en est-il du  réel recensement des morts dus  aux radiations à la centrale de Fukushima et dans les zones hautement radioactif où les ouvriers sont sensés oeuvrer à la décontamination ?

Pour le moment, chaque fois qu’il y a eu des cas de décès des travailleurs de la centrale, tepco a jusque là et sans preuves d’autopsie, toujours clamé que « ce n’était pas du aux radiations et que la mort n’avait rien à voir avec la situation de la centrale nucléaire « .

Pourtant selon les municipalités concernée par la crise de Fukushima, celles ci reportent qu’ il y aurait officiellement 573 personnes qui seraient décédées suite à la catastrophe survenue dans la centrale de Fukushima. Mais alors, le chiffre concernant les morts des travailleurs directement présent sur le site, là où la radioactivité est la plus élevées ne serait-il pas dramatique?


liquidateur de fukushima emmené par une ambulance, puis mort à l'hopital
 

Une liste de travailleurs « portés disparus »

Que penser alors de ces travailleurs qui ont littéralement disparu le 23 juin dernier après avoir travaillé sur le site anonymement ou sous une fausse identité ?

On peut aussi rappeler que déjà en août dernier, les dirigeants de Tepco annonçaient eux même ne pas être capables de retrouver les contacts de pas moins de 143 ouvriers ayant travaillé à la centrale depuis le début de la crise du 11 mars 2011.

Cela signifie t-ils qu’ils ne sont pas en mesure de reprendre contact avec eux uniquement parce qu’ils ont « perdu » les données (noms, adresses, etc)  ou pouvons nous en déduire qu’ils ne peuvent répondre à l’appel…parce qu’ils sont morts?

Que sont-ils devenus ? A quelles doses de radioactivité ont-ils été soumis ? Personne ne le sait.

Beaucoup trop de facteurs concernant les travailleurs de Fukushima restent opaques, notamment aussi pour les modalités de recrutement qui, grâce à un courageux  journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, qui a infiltré le site de la centrale pour investigation en tant qu’ouvrier intérimaire, a permis de dévoiler le procédé d’ embauche des individus en situation précaire entamé par les yakuzas (mafia locale japonaise). Ces derniers ont pour but d’enrôler ainsi dans leur mission de futur liquidateurs en les sélectionnant auprès des couches sociales les plus démunies au sein de la société japonaise. Tomohiko Suzuki a ainsi été assigné à une tâche liée au retraitement de l’eau contaminée par l’intermédiaire des yakuzas, eux même relié de façon obscure à une filiale de Toshiba.

D’autres parts, de  troublants témoignages parlent de « personnes non listées obligées à travailler jusqu’à la mort dans des zones hautement contaminées, puis déclarées manquantes ».

Quoi qu’il en soit, la liste des « portés disparus » va en s’allongeant avec le temps.
 

Une situation critique face au cynisme des institutions officielles

Quand la bonne foi de Tepco fait rire jaune

Que penser quand une entreprise comme Tepco, exploitant de centrale nucléaire, est incapable de vérifier l’identité des travailleurs arrivant sur le site ? Peut-on toujours croire au sérieux de leurs déclarations ?

 
haruki madarane chef de la NISA
 

Les trous de mémoire du haut responsable de la NISA

Dernièrement Haruki Madarame, le dirigeant de la NISA (Agence de la sureté nucléaire et industrielle) a annoncé être incapable de se souvenir correctement des évènements et des faits qui se sont déroulé lors de la première semaine de l’accident, « parce qu’il n’arrivait pas à trouver le sommeil » pendant la même période , lorsque celui ci a été interrogé par les membres de la NAIIC (Commission Indépendante d’Investigation de l’Accident Nucléaire de Fukushima).

Un responsable à cette échelle de l’industrie nucléaire peut-il être considéré comme crédible quand il avance des excuses aussi douteuses, pretextant une amnésie liée à son insomnie? Devons nous lui rappeler qu’il s’agit là d’une enquête concernant une catastrophe nucléaire? 
 

SPEEDI, un programme  » lent au démarrage « 

C’est d’ailleurs ce même homme, Madarame,  qui déclarait dernièrement à la presse, « n’avoir pu utiliser le programme SPEEDI (logiciel de simulations d’incidents nucléaires destiné à l’évaluation de la situation pour une potentielle évacuation de la population en temps de crise) parce que cela prenait une heure pour mettre en place le programme«  et parce qu’ « ils n’avaient pas eu le temps de le configurer en début de catastrophe, tout étant allé trop vite « .

Ces propos ont été rapporté cette fois par la journaliste de MBS lors de l’interview de Hiroaki Koide du 15 février 2012. Les intervenants semblaient être restés stupéfaits par les déclarations de Madarame.

Nous devons nous rendre à l’évidence que ce programme, qui a tout de même coûté une fortune au contribuable japonais, n’a servi à rien, alors qu’il avait été conçu expressement pour servir en cas de force majeure, depuis…1986! 
 

Sur le fil du rasoir de Fukushima

Onze mois après la catastrophe, les travaux de déblaiement ne sont pas achevés malgré les milliers de travailleurs qui se sont relayés sur le chantier et le combustible nucléaire fondu, qui a fait l’objet de nombreuses spéculations, reste introuvable. Qu’est devenu le corium en réalité?

Quant à l’épée de Damoclès, elle  est toujours suspendue au dessus du destin des japonais , dans la mesure où des experts semblent être d’accord pour dire que les risques sismiques omniprésents sont une réelle menace pour le site de Fukushima, déjà totalement ravagée depuis les seismes et le tsunami de l’année passée : il suffirait d’un séisme assez fort, pour que le pire scénario anticipé depuis mars par le gouvernement  devienne réalité. Professeur Dapeng Zhao,  expert en géophysique à l’université de Tôhoku a exprimé sur le sujet : « Il y a de nombreuses failles actives dans les environs de la centrale nucléaire, et le résultats de nos recherches montrent l’existence des mêmes anomalies structurelles sous les centrales de Iwaki et Fukushima Daiichi. »
 

Quand les responsables de l’AIEA se sont rendus au Japon…ils ont été « happy to be here »


L’AIEA, s’est rendue au Japon courant janvier 2012 dans le but de promouvoir, comme il se doit l’industrie nucléaire à travers le monde. Cette institution a donc passé près d’une heure à féliciter ses confrères de la NISA ou de KEPCO pour « leur sens du sérieux » ou « pour leur transparences » (« transparence, grâce à un site internet très ouvert », « tests d’urgence régulièrement menés »), dans une ambiance chaleureuse qui aurait presque pu réussir à faire oublier la catastrophe de Fukushima toujours en cours, si sa population avait réellement été totalement dénué de bon sens. Mais il n’en n’est rien.

Cette conférence de l’AIEA a laissé derrière elle a très grand malaise dans le fort intérieur de bon nombre de japonais…

Laurent Mabesoone, a été l’un d’eux. Car depuis, marié à une japonaise et père d’un enfant en bas âge, il se sent lui aussi investi et concerné par la triste catastrophe de Fukushima et par le triste sort du Japon. C’est alors qu’il a envoyé, dans un élan d’indignation et de courage, un fax manuscrit au bureau de l’AIEA à Tokyo:

Jusqu’à quel point pensez-vous que l’IAEA peut continuer d’insulter de la sorte le peuple japonais ?

Vous rendez-vous compte que M. Lyons n’a pas évoqué un seul instant la part de responsabilité de votre institution dans la catastrophe nucléaire en cours, et que, a fortiori, il n’a pas jugé bon de présenter ses excuses aux habitants du Japon ?

Vous savez pourtant qu’il est inscrit clairement dans les statuts de l’AIEA que votre institution a pour but de promouvoir le développement l’énergie nucléaire à travers le monde. Et vous savez aussi que la centrale de Fukushima Daiichi a subi plusieurs explosions – l’auriez-vous oublié ? – alors qu’elle était directement contrôlée et certifiée pas vous-même, selon vos « normes de sécurité ».

Du fait de cette « énergie nucléaire sûre » dont vous faites la promotion ouvertement, nos enfants, ici, dans l’Est du Japon, mangent du césium radioactif tous les jours et ceci pour de longues années encore.

Et vous ne ressentez aucune culpabilité ?

Êtes-vous encore des êtres humains ?

Pensez-vous vraiment que le risque d’une catastrophe nucléaire peut être traité comme n’importe quel autre risque ? Pensez-vous que vos calculs de probabilité sont acceptables, qu’ils sont pardonnables pour nous, ici au Japon ?

Des millions de personnes voient leur vies se briser et/ou perdent la vie, chaque jour, ici, à cause de cette « énergie nucléaire » dont vous continuez à faire la promotion.

Les habitants du Japon en ont ASSEZ des centrales nucléaires !

Ne revenez plus jamais aux Japon, chers Messieurs de l’AIEA, vous n’y êtes pas les bienvenus.

Le peuple japonais ne vous pardonnera jamais.

 

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